Chasse à l'étranger

Voilà de nombreuses années que je souhaitais retourner au Canada pour y chasser le magnifique oiseau qu’est l’oie blanche. Magnifique par son esthétique, son vol mais aussi par son intelligence. Sa chasse ne s’improvise pas et le succès dépend essentiellement de la qualité des guides sur place. Leur connaissance des couloirs migratoires, des champs de pose, mais aussi de l’art de poser les formes et de lancer les bons sons. J’ai été ravi et surpris à la fois de découvrir que Maxime passait des heures à enregistrer, trier et remixer le chant des oies posées dans les champs, afin de fournir le meilleur son possible, celui qui provoque la pose.

Première soirée avec mes hôtes, Virginie, Maxime et Philippe autour d’un diner très local au bord du Saint-Laurent. Pour tous ceux qui ne l’ont jamais vu, c’est incroyable et démesuré pour nos yeux européens. Il n’est pas rare de ne pas voir l’autre rive tellement le fleuve est large par endroit. Une vraie mer intérieure. Au moment de partir au lit, décalage oblige, Max me glisse que le réveil est prévu pour 2h30 du matin. Devant mon regard dubitatif, il me confirme que les 20 minutes de trajets pour rallier le champ repéré la veille, cumulés avec l’heure et demie nécessaire à poser les formes (environ 300) et la confection de la cache nous amènerons tout juste à l’aube et comme nous avons le droit de chasser 1 heure avant le lever du soleil … il faut être en place. En cette saison, nous chasserons donc des oies dans leur chemin migratoire en direction du grand nord dans lequel est partent nicher.

En ce premier jour de chasse, Philippe et Max ont choisi un champ qu’ils connaissent bien. Il a l’avantage d’être au bord du chemin, ce qui est plus qu’appréciable quand vous devez trimballer les 300 formes, les abris et les innombrables branches agrémentant notre abri. Nous sommes en compagnie de Bruce (un américain chassant 100 jours / an), de Franck et Stéphane, de nouveaux amis cinéastes et photographes à qui nous devons les plus beaux clichés ramenés du Québec. 6h du matin, les oies commencent à se lever du Saint-Laurent pour retourner sur terre et se nourrir dans les champs. Le pire qui puisse arriver à ce moment, serait le passage d’un avion trop bas ou d’un bateau proche des milliers d’oies posées sur le fleuve. Cela aurait pour conséquence de vider d’un coup le fleuve et de compromettre la chasse de la matinée. Nous vivrons cet imprévisible phénomène lors de notre 3ième jour. En attendant les vols se succèdent dans tous les coins du ciel. Ce sont des milliers d’oies qui quittent le fleuve, tantôt par petits groupes de quelques oiseaux et parfois par plusieurs dizaines. L’oie est un oiseau possédant une vue incroyable et le moindre défaut de notre abri ou mouvement intempestif au moment du survol de repérage entraine irrémédiablement la même conclusion … un départ en trombe des beaux oiseaux blancs. Malgré cette méfiance, il ne nous faut pas plus de 20 minutes pour décrocher les premiers oiseaux ; assis dans la cache, la respiration contenue, nous attendons le go de Philippe qui signifie que nous pouvons nous lever d’un bond de nos sièges et lâcher nos coups de fusils sur des oiseaux relativement proches. Il est en effet inutile de tirer loin sur des oies. Malgré nos canons plein choque et des cartouches magnum de 1, il n’est pas rare de voir les oiseaux emporter le plomb loin de nous. Rien ne sert de blesser, nous nous contentons donc de tirer à 25m maximum. Une fois les oies à terre, Cole, l’auxiliaire de Maxime et Virginie (le fils de la famille en fait), impressionne par son obéissance et son professionnalisme. Aucun oiseau ne lui échappe et sa régularité est parfaite. Un vrai métronome. Ce jour-là, ce sont 82 oies qui tomberont sous nos coups de fusil et si le tableau est important, il est à noter que chaque animal sera consommé tout au long de l’année pas nos amis (magrets natures ou fumés, saucisses, …). Le démontage est aussi une aventure mais la journée se termine par un nouveau moment de convivialité avec des saucisses confectionnées par nos hôtes et cuites sur le BBQ qui dépasse de la benne du pickup. Ça ne s’invente pas. Des saucisses de cochon entourée de lard fumé … vive le régime.

Fatigués nous sommes mais la journée n’est pas finie. Il nous faut à présent faire le tour des champs et trouver une nouvelle zone pour le lendemain. Max part à l’est et j’emboite le pas de Philippe à l’est. Au bout d’une heure de recherche, nous tombons sur 2 champs littéralement remplis d’oies. Environ 2500 à gauche de la route et au moins 2000 à droite. C’est décidé, nous avons trouvé l’endroit ou prendre notre café le lendemain.

2h du matin, je n’ose y croire quand mon réveil sonne. Ça pique mais le souvenir de la matinée précédente m’incite à hâter le rythme. D’ailleurs nos hôtes sont déjà sur le pied de guerre et les pickups ronronnent devant l’hôtel. Notre zone de chasse est un peu plus loin ce matin et il nous faut environ 45 minutes pour arriver sur zone. Il est donc 3h quand Max tourne dans la cours de l’agriculteur nous ayant permis de chasser dans son champs et … bam ; celui-ci tourne trop court et nous mettons deux roues dans le fossé. Le pickup sera sorti plus tard sans dommage par un tracteur et je souri en imaginant nos voitures européennes dans une situation identique … direction la casse. Il s’agit d’une simple péripétie mais je suis maintenant bien réveillé. Même ballet que la nuit précédente. Le quad (stocké à l’année dans la benne du pickup) tire la remorque contenant formes et branchages jusqu’à notre zone de chasse, à mi-chemin entre la rive du Saint-Laurent et la route, et une heure plus tard nous voici donc à nouveau en place. Nous sommes en compagnie de deux chasseurs canadiens. L’un d’entre eux est aguerri et connait bien cette chasse qu’il pratique une dizaine de fois par an en compagnie de Philippe depuis de nombreuses années. Le second, malgré un âge certain, est un jeune chasseur et ses coups de fusils partent parfois un peu vite, quitte à me claquer aux oreilles. Il sera recadré par Philippe. Poliment mais fermement. Au cours de cette matinée, ce sont 52 oies qui feront les frais de nos tirs. Pas que nous ayons vu moins d’oies que la matinée précédente, mais les tirs se font globalement moins précis que la veille et nos deux labradors nous regardent de travers à chaque tir manqué ou session sans oiseau au sol. Ce sont eux aussi de vrais passionnés.

Au sortir de cette matinée et après la sieste réglementaire nous repartons en quêtes de champs pour le lendemain. Après 1 heure de route nous tombons sur une concentration incroyable d’oiseaux posés dans un champ le long de la route. Souhaitant faire une vidéo du décollage, je cours au milieu de la troupe. Surprise de ma part, il faut être prêt et faire beaucoup de bruit avant que les oies ne décollent. Autant elles sont méfiantes en l’air avant de se poser, autant il est difficile de les faire décoller une fois à terre au gagnage, ce qui confirme ce que j’avais déjà remarqué en Estonie l’année dernière avec des oies nonettes. Par contre, au moment du décollage, ce sont des milliers d’oies qui se mettent à battre des ailes et à chanter au même moment. C’est magique et impressionnant.

Le jour suivant est moins réussi. La faute à un avion volant bas au-dessus du Saint-Laurent et déclenchant la fuite ininterrompue de l’ensemble des oies posées sur l’eau. Tel une baignoire dont on aurait ôté d’un coup le bouchon, le fleuve se vide de ses oiseaux. Ces dernières se dispersent par groupes de centaines d’oiseaux passant haut dans le ciel et sans aucune intention de s’arrêter dans notre champ. Seule une petite dizaine d’oie tomberont ce jour-là, ce qui est bien suffisant à la vue des quantités d’oiseaux déjà prélevées, mais l’on prend vite l’habitude de voir se succéder les animaux dans leur approche caractéristique et observer autant d’oiseaux inaccessibles peut parfois être frustrant. Je profite de cette accalmie pour organiser ma prochaine venue chez Max. Soit un peu plus tôt dans la saison pour le dindon sauvage, soit en novembre, quand les oies juvéniles font le chemin inverse et redescendent du grand nord. Il parait que c’est encore plus incroyable et j’ai hâte d’y être.





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breton@financier
breton@financier - 27-03-2017 à 20:17
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